Histoire et débat sur l’EBP
On estime qu’il y a environ 28 millions d’articles médicaux et qu’un médecin spécialiste doit lire 26 articles par jour pour garder des connaissances actualisées dans son domaine.
L’Evidence Based Practice (EBP) était autrefois appelée « Evidence Based Medecine » car provenant de la pratique des médecins. Depuis, le terme « practice » est devenu plus adapté en raison de la nombreuse variété de professions évoluant dans le domaine de la santé. Le concept fut créé afin de passer d’une pratique où la décision était uniquement basée sur la clinique à une décision également basée sur les preuves scientifiques[mfn]Adrien Pallot TD. Evidence Based Practice en rééducation. Elsevier Masson. 2019[/mfn]
Le but cet article est de permettre à ceux qui s’intéressent aux données de la recherche de prendre un peu de recul. En effet, on observe souvent un débat concernant l’EBP qui, si on caricature, oppose 2 types de professionnels :
- Les pro EBP qui pensent que « si ce n’est pas prouvé, ça ne sert à rien ».
- Les anti EBP qui pensent « je fais des techniques non prouvées qui marchent très bien, la preuve ça ne sert à rien ».
Évidemment, il ne faut pas être dans les extrêmes et penser qu’EBP = prouvé.
Définition commune de l’EBP
La définition la plus utilisée de l’EBP est celle-ci :
L’EBP est l’intégration des meilleures données de la recherche accompagnée de l’expertise clinique et des valeurs du patient.
Dans cette définition, la décision ou les objectifs sont définis par le thérapeute et le patient ce qui inclue une autre dimension : la relation thérapeute-patient avec par exemple l’écoute du patient, les attentes du thérapeute et du patient, la posture du thérapeute…
Classiquement, l’EBP peut être perçu comme un « tabouret à 3 pieds » avec :
- Le patient et sa situation, ses valeurs, ses préférences, ses attentes : c’est le statut bio-psycho-social du patient.
- Le thérapeute avec ses connaissances professionnelles et son expérience pratique
- Les preuves c’est-à-dire les données scientifiques

Si on va plus loin et que l’on met en relation les cercles entre eux, on peut dire que :
- Le thérapeute + le patient = le dialogue
- Le thérapeute + les preuves = développement professionnel continu (DPC)
- Les preuves + le patient = éducation thérapeutique du patient (ETP)

Donc pour finir, l’EBP c’est 2 choses :
- La preuve = données scientifiques + développement professionnel continu (DPC) + éducation thérapeutique du patient (ETP)
- La clinique = le patient + le thérapeute (et le dialogue, le DPC et l’ETP)
Ainsi, le thérapeute et le patient parviennent à une prise de décision commune ou « prise de décision partagée ».

Définition étendue de l’EBP
Même s’ils semblent adaptés, les 3 versants de l’EBP ne sont pas exhaustifs si l’on veut prendre en compte l’ensemble des paramètres de la situation de soin. Selon Rob Hebert, on peut rajouter :
- Coût et/ou durée de la séance.
- Compétences du thérapeute (ex : thérapie manuelle)
- Les ressources locales en santé (ex : assurance maladie)
- Influences culturelles et religieuses.
- Principes éthiques (autonomie, bienfaisance, justice…)[mfn]Veras M, Kairy D, Paquet N. What is evidence-based physiotherapy? Vol. 68, Physiotherapy Canada. University of Toronto Press Inc.; 2016. p. 95–6.[/mfn]
En prenant en compte toutes ces dimensions, une définition plus précise fut proposée par Adrien Pallo et ses collaborateurs :
L’EBP est l’application clinique raisonnée et individualisée du meilleur niveau de preuve possible dans un contexte de soin unique et multidimensionnel[mfn]Pallot A, Guémann M, Morichon A, Martin S, Gallois M, Raynal G, et al. EUROPEAN REHABILITATION JOURNAL | CONCEPT-VIEWPOINT Evidence-Based Practice: proposal for an extended definition History of Evidence-Based Medicine.[/mfn]
Voici une nouvelle représentation de l’EBP selon le modèle étendu :


Je m’appelle Julien Maurin, Kiné diplômé de l’IFMK de Marseille (2019). Je suis kiné libéral dans le Var, près de Saint‑Maximin‑la‑Sainte‑Baume.
J’ai créé Yotéra pour aider les kinés (libéraux, salariés et étudiants) à rester au courant de l’actualité de la profession et à améliorer leur quotidien. J’y partage des astuces concrètes, des retours d’expérience, des analyses d’actualité kiné/santé, ainsi que des tests et interviews.
Je propose également des formations en ligne et des outils pratiques pensés pour simplifier la pratique, gagner du temps et rendre l’organisation plus efficace.
Côté parcours, j’ai travaillé 2 ans en réanimation au CHU de la Timone (Marseille), puis je me suis installé à Saint‑Benoît, à La Réunion, où j’ai exercé près de 5 ans en tant qu’assistant. Je suis revenu dans ma région natale dans le Var en septembre 2025.
En parallèle, je me spécialise en rééducation de la main et du poignet, et je développe de la Prévention en entreprise.


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